Les histoires de Ferdin / Vente des produits éclaircissants au Cameroun : l’Etat coupable de non assistance à personnes en danger.

dimanche, 13 janvier 2019 14:42 Ferdin

C’est avec une satisfaction non dissimulée que nous avons accueilli la nouvelle de l’interdiction par la Rwanda, de la vente et de l’utilisation des produits éclaircissants sur son sol. Le pays de Paul Kagamé emboite ainsi le pas à l’Afrique du Sud, au Kenya et au Ghana. Entrée en vigueur dès la fin d’année 2018, La mesure d’interdiction des produits décapant au Rwanda avait été précédée d’un tweet du Président Kagamé, c’était le 25 novembre 2018, tweet dans lequel il les déclarait « mauvais pour la santé ». Depuis, le gouvernement rwandais est sur « le pied de guerre » pour retirer de tous les rayons, ces produits.

Mêmes causes, mêmes effets

Sans être un adepte du suivisme moutonnier, il nous semble qu’il serait plus qu’opportun pour le Cameroun de suivre cette mouvance afin lui aussi de préserver la santé des très nombreux utilisateurs et utilisatrices de ces produits et ne pas laisser croire que cette dernière, chez nous, serait sacrifiée sur l’autel du profit. C’est connu, le secteur des cosmétiques et en particuliers des produits éclaircissants brasse d’énormes sommes d’argent…

Conscient que les mêmes causes ne sauraient produire des effets différents, la lenteur du Cameroun à prendre cette décision courageuse et salutaire nous laisse interrogateur. En effet, qu’est-ce qui chez nous, nous préserverait, nous immuniserait contre les effets néfastes avérés des corticoïdes (l’hydrocortisone, le quinacore, le clobétasol…), de l’hydroquinone, du mercure, ou encore, le plus en vogue aujourd’hui, le glutathion[1]? Nous rappelons que ces produits sont interdits d’usage dans les produits cosmétiques et ce en vertu de la directive 76/768/CEE de l’Union européenne sur les produits cosmétiques. Ceci étant, serait-il si oser que ça de voir en l’inaction du gouvernement camerounais ni plus ni moins qu’une non assistance à personne en danger ? Il ne nous semble pas.

La responsabilité du consommateur

L’argument de la responsabilité du consommateur qui pourrait nous être opposé est ici battu en brèche car si l’on veut rester cohérent, s’appuyant sur ce dernier, devraient être autorisés à la vente, cannabis et autres drogues afin de laisser au consommateur le choix. Pourquoi cela n’est pas envisageable ? Pour la bonne et simple raison que cela poserait un sérieux problème de santé public et par conséquent, une saignée permanente des caisses de l’Etat au profit de nos bourreaux qui sans aucun doute seront les mêmes à venir nous proposer des solutions aux problèmes que leurs produits auront causés.

La culture de la fierté

Au-delà de cette mesure d’interdiction que nous appelons de tous nos vœux, il conviendrait aussi de cultiver auprès des inconditionnels du décapage et ceux qui sont tentés de les suivre, la fierté d’être qui nous sommes, fierté mise à mal par la promotion des contres modèles et plus encore par la culture de se détester insidieusement implantée dans nos mœurs dès l’enfance avec les poupées blanches auxquelles la génération actuelle de nos femmes veut ressembler. Pour s’en faire une idée précise à ce sujet, referez-vous au fameux « test de la poupée » de Kenneth et Mamie Clark.

Pas seulement un problème de santé publique

Bien que subsidiaire à la préservation de la santé, une mesure d’interdiction des produits décapants viendrait aussi atténuer bien de situations rocambolesques vécues au quotidien. Pensons nous, diminueront considérablement  les très nombreux procès en snobisme injustement intentés aux uns et autres du fait de n’avoir pas reconnu untel ou unetelle, qui la veille avait sa peau noir bien luisante et le lendemain le visage pâle. Pensons nous, pareille mesure permettrait de cesser de faire enrichir les « pasteurs » et plus encore de préserver nos malheureux grands-parents, souvent taxés de sorciers lorsqu’une demoiselle subit de plein fouet les effets nocifs de ces produits en ne parvenant pas à procréer par exemple, ou étant victime de tout autre maladie liée à l’absorption des produits chimiques contenus dans ces crèmes, gélules et autres injections. Pendant qu’il est encore temps, agissons.

 

[1] Utilisé à la base pour des maladies neurodégénératives très graves

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