Un migrant camerounais retrouvé mort en Grèce

samedi, 12 janvier 2019 10:38 Mfoungo

L’identité du défunt reste inconnue, aussi bien pour les autorités grecques que celles du Cameroun.

Selon le quotidien francophone libanais L’Orient-Le Jour, qui cite l‘agence de presse grecque ANA, le jeune homme de 24 ans  a été retrouvé vers 2 heures du matin (heure GMT) par deux de ses amis. Transféré vers l’hôpital de Mytilène, sa mort sera confirmée. Les raisons de son décès n’ont pas été médicalement établies par le médecin légiste.

Jointe au téléphone la Direction des Camerounais à l’étranger, des étrangers au Cameroun, des réfugiés et des questions migratoires au Ministère camerounais des Relations extérieures déclare ne pas être informée de ce décès. Néanmoins, le responsable au bout du fil promet de saisir la représentation diplomatique du Cameroun en Grèce pour plus de détails.

Il faut préciser que de nombreuses ONG dénoncent depuis plusieurs mois les conditions d’insalubrité dans lesquelles les réfugiés vivent sur le camp de Moria qui se trouve être  le principal camp de migrants et de réfugiés sur l’île de Lesbos en Grèce.

Des dénonciations ont aussi été faites sur les conditions inhumaines de vie pour les 6500 réfugiés qui s’y trouvent. Sur ce site, ont déploré l’insuffisance de moyens de chauffage pour les migrants alors que les températures sur les lieux peuvent descendre jusqu’à moins de 15°C en cette période d’hiver.

Pour rappel, l’île de Lesbos en Grèce est l’un des principaux canaux par lequel des réfugiés transitent pour accéder à l’Union européenne.

Au Cameroun, la société civile a lancé fin 2018 un programme pour décourager les migrations clandestines. Le projet «look i am back» vise à déployer des équipes sur le terrain pour sensibiliser les camerounais résidant dans les zones du Cameroun d’où partent le plus les prétendants à l’émigration clandestine, sur les dangers de ce phénomène. Ce sont les régions du Centre, du Littoral, du Sud et de l’Ouest.

Selon les organisateurs de ce projet, «les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont également concernées mais les équipes n’y seront pas déployées pour cette édition».

«Il n’est pas question d’interdire ou d’empêcher de voyager. Si vous pouvez voyager, faites-le, mais voyagez par des voies légales. Il faut bien se renseigner avant de prendre la route», martèle Hervé Tcheumeleu, porteur du projet. Il sera accompagné par l’association des rapatriés et de lutte contre l’émigration clandestine du Cameroun (Arecc), le Centre des médias africains en Allemagne et le gouvernement allemand.

«on assistera à des projections de films documentaires, aux échanges avec des immigrés, dans les écoles, les quartiers de plusieurs villes du pays», déclare Robert Alain Lipothy, président de l’Arecc. Les activités se dérouleront dans les villes de Yaoundé, Douala, Edéa, Eséka, Kribi, Bafang, Nkongssamba, Bafoussam et Dschang. La bande dessinée Molaa sera produite chaque mois et distribuée gratuitement dans tous les points de proximité tels que les agences de voyage, les églises et les mosquées.

Outre les jeunes et les migrants rapatriés, ces activités visent a priori les parents, qui financent très souvent ces aventures, les médias et la société civile. Les gouvernants, les représentants des Etats et les Organisations humanitaires sont également concernées.

La réinsertion des migrants rapatriés est aussi au programme, à travers des séances de coaching. Séances visant à «les encourager à parler de leurs aventures, leur redonner confiance en eux ». Les migrations irrégulières sont à l’origine de plusieurs traumatismes dans les vies des victimes. Pour ceux qui ont la chance d’en ressortir vivants, l’enfer cède la place à la réparation des dégâts.

«Je suis rentré en novembre 2017 et depuis lors, j’ai subi quatre opérations dont deux à l’œil gauche qui avait été crevé et deux fois la hanche parce que j’avais reçu une balle. Je ne dors plus parce que je revis cette histoire chaque fois que je me couche», explique Fabrice Essomba, survivant des tortures infligées aux migrants clandestins en Libye.

Otric N.

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