Violences sur le personnel médical : L’Ordre des médecins crie son raz le bol

mardi, 05 novembre 2019 13:09 Nicole Ricci Minyem

C’est alors qu’elle était de garde à l’Hôpital d’Efoulan que le Dr Koumou Cécile a été victime d’une agression.

 

Les faits relatés par l’une des collègues

« Vers 21h30, la garde était déjà calme, on appelle au niveau du portail qu’il y’a une dame de trente deux ans dans le taxi, elle est inconsciente. Le Dr a engagé la prise en charge en urgence, c’est à ce moment qu’on entend un vacarme au niveau du portail. Le gardien est assailli par un groupe d’individus visiblement en état d’ébriété avancé et certains avaient même encore des bouteilles entre leurs mains…ils accompagnent une femme qui se plaint de baisse de la force et autres.

Le Dr demande qu’on vienne aussi avec cette patiente et qu’on l’installe. Elle a fait l’évaluation primaire de cette malade et il s’avère que tous les paramètres sont normaux. La femme est consciente et ne présente aucun signe qui mérite qu’on la prenne en urgence. Elle se dit que comme il y a une GEU, il lui faut prendre des mesures pour que la première patiente soit réanimée. Tous les gardes malades sont présents dans la salle d’urgence, elle leur demande de sortir car elle a des examens approfondis à faire et, c’est à ce moment que commencent les problèmes. Ils refusent de quitter la salle, c’est à ce moment que le Dr appelle vigiles, rien à faire. Elle se retourne vers la femme qu’ils ont amenée pour qu’elle leur parle, en vain….

Elle leur fait comprendre qu’elle ne saurait travailler dans ces conditions, parce qu’ils étaient trop bruyants. Il s’ensuit les violences verbales, ils se mettent à l’insulter, elle réussit à garder son calme. Une attitude qui ne plaît pas à ces individus car l’un va quitter le groupe, pour prendre une planche et venir la frapper, l’hôpital étant en chantier, pour prendre une planche et venir la frapper…

Le Dr comprend donc que cela prend une autre ampleur et elle réussit à sortir pour se réfugier à la salle de garde. Malheureusement, la porte ne se ferme pas et, elle est obligée de bloquer avec son épaule. Parmi ses agresseurs, je tiens à relever qu’il y’a un qui a déclaré qu’il est lieutenant au sein de l’armée camerounaise. Ils lui promettent la mort, en affirmant qu’elle va payer pour tous ces autres médecins qui reçoivent mal les malades dans les autres hôpitaux. Le vigile, venu à son secours à lui aussi essuyer la colère des agresseurs. Ils ont asséné des gifles au Dr Cécile et ont luxé son épaule.

Les appels passés à la police sont restés sans suite et, une garde malade s’est dépêchée au poste de police pour leur dire ce qui se passe. C’est à ce moment que quelques éléments sont arrivés sur les lieux et ont trouvé que deux agresseurs ont été maîtrisés. Entre temps, la mère de la malade s’adonnait à quelques actes de vandalisme et, elle a cassé les fenêtres, elle lançait les morceaux de verre sur le médecin et d’autres dégâts matériels… ».   

La colère de l’Ordre des médecins du Cameroun

Dans un communiqué, le Secrétaire Général de l’Ordre de cette institution est revenu cet énième incident au cours duquel les médecins font face à la violence de certains : « Alors que le Dr Koumou Cécile dans son lieu de service, s’activait à sauver la vie d’une patiente, elle a été violemment prise à partie par un groupe de quatre individus exigeant, la prise en charge de leur malade, en dépit de toute logique médicale donnant priorité aux cas les plus graves. En plus des violences verbales, elle s’en est sorti avec des lésions physiques… ».

Dans le même document, le Dr Atedjoe Gervais Gabriel et ses collègues « notent pour s’en inquiéter, la forte récurrence des actes d’agression sur la personne des médecins en exercice sur leurs lieux de travail. De tels cas devront désormais faire l’objet d’une répression implacable… ».    

Une répression que quelques heures auparavant, le directeur de l’hôpital central a mentionné dans un communiqué : « J’informe le public que quiconque commet des violences sur un personnel de l’hôpital Central de Yaoundé dans l’exercice de ses fonctions est puni, selon la loi n° 67/LF-1 du 12 Juin 1967 portant code pénal dans son article 156, d’un emprisonnement d’un mois à trois ans et d’une amende de 5000 à 100 000 Fcfa… La peine est un emprisonnement de cinq à dix ans et une amende de 20 000 à 500 000 Fcfa si les violences et voies de fait sont préméditées ou si elles entraînent, même non intentionnellement des blessures telles que prévues aux articles 277 et 280 de la loi sus citée… ».  

 

Nicole Ricci Minyem

 

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