Garoua Boulaï : La difficile implémentation des services sociaux de base

jeudi, 18 février 2021 15:12 Nicole Ricci Minyem

L’eau courante, l’énergie électrique et les infrastructures routières font cruellement défaut à cette ville qui est l’une des vitrines du Cameroun, et, pour les trente mille habitants, vivre dans cette commune est un défi permanent.

 

S’approvisionner en eau potable, véritable concours de patience

Les habitants de cette Commune, sont obligés au quotidien de parcourir de longues distances, s’ils veulent obtenir le précieux sésame.

En plus, ils sont tenus de mettre par exemple 50 Frs dans leur poche, pour recueillir 20 litres d’eau, ou à défaut, se mettre en rang, au milieu d’une longue file d’attente, devant un point d’eau qui malheureusement, tombe presque toujours en panne.   

Une situation qui, de l’avis du maire Adamou Abdon a trouvé un début de solution avec des apports de certains partenaires. Néanmoins, les défis sont encore nombreux à relever : « De nombreuses Ong et, même l’Etat à travers le ministère de l’Eau et de l’Energie s’évertuent à donner chaque année, trente, voire quarante forages pour notre commune. Aujourd'hui, nous avons des forages photo voltaïques sur lesquels nous installons les plaques solaires, permettant ainsi à l’eau de couler à travers un robinet. Cependant, au regard de la forte demande, le nombre est toujours insuffisant et, grâce au budget de cette année, nous comptons construire 40 autres forages… ».  

Les coupures permanentes d’énergie électrique : Un autre drame que vivent les populations de Garoua Boulaï

Résignées, les populations semblent avoir intégré dans leur esprit qu’il est tout à fait normal de vivre dans l’obscurité. Elles ont été amenées à trouver des solutions palliatives, afin d’exercer leur métier. C'est le cas des commerçants et autres entrepreneurs qui, ne pouvant s’offrir un groupe électrogène, ont choisi l’utilisation des plaques solaires. 

« Nous sommes obligés de faire avec les moyens de bord ; mes plaques solaires sont dehors et c’est grâce à elle que je réussis à coiffer mes clients, comme il n'y a pas de lumière », déplore Amadou, coiffeur.

Au niveau de la mairie, l’on s’est doté d’une centrale thermique bien qu’il se pose d’autres problèmes

« Nous sommes alimentés par une centrale thermique et, nos groupes sont vétustes. Eneo, il y a peu de temps, nous a apporté un grand groupe neuf, nous pensons que cela pourra faire l’affaire, parce que nous sommes dans une zone d’insécurité, il faut absolument qu’il y ait de l’éclairage dans la nuit », explique Adamou Abdon, Maire de la Commune de Garoua Boulaï.

Toutefois, « Cette centrale Thermique a besoin de carburant pour fonctionner et, si nous le laissons allumer 24h/ 24, nous ne sommes pas en mesure d’assurer les charges du carburant », poursuit le magistrat municipal.  

 

Autre problème : Le manque d’infrastructures routières

Même si la ville est traversée par la nationale qui conduit vers le Grand Nord et vers la république Centrafricaine, Garoua Boulaï ne dispose pas d’un seul kilomètre de route digne de ce nom.

Pendant la saison sèche, ce sont des tonnes de poussière qui envahissent. Les habitants en inhalent des tonnes au quotidien, en marchant sur des ruelles cabossées, tandis qu’en saison de pluie, ils doivent affronter des bourbiers géants.

Selon des informations parvenues à notre niveau, le budget de la commune n’est pas assez conséquent, à cause notamment de la fermeture de la frontière entre le Cameroun et la Rca ; ce qui ne permet pas à la mairie de bitumer les différentes « routes » en dehors de l’entretien courant.

Le maire Adamou Abdon décrit : « Le réseau routier est construit en terre. Cependant, nous nous évertuons à le reprofiler chaque année, parce qu’en réalité, nous n’avons pas assez de ressources locales qui puissent nous permettre de financer nos projets.

Il n’y a donc que l’Etat qui soit capable de faire quelque chose, afin de gravillonner la voirie urbaine. Vous savez, Garoua Boulaî est presque la deuxième ville de l’Est et, nous invitons encore l’Etat à faire davantage parce que ville frontalière, elle est le miroir de notre pays ».

L'on espère que des dispositions seront prises, grâce notamment à l’implémentation concrète de la Décentralisation, qui promeut, selon ses textes, le bien être des populations à travers des mécanismes bien définis.  

 

Nicole Ricci Minyem

 

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