Entretien avec Jean Paul Ndindjock, auteur du recueil de poèmes "Convivialités Fraternelles"

mercredi, 18 novembre 2020 08:18 Nicole Ricci Minyem

Prêtre camerounais originaire de la région du Centre et plus précisément à Eseka, c’est dans cette ville que l’auteur  a passé la majeure partie de sa vie en tant qu’élève et de prêtre. Détenteur d’un master en Sociologie, obtenu à l’université de Douala, Jean Paul Ndindjock a accepté de s’ouvrir aux lecteurs de l’Agence Cameroun Presse.

 

-         A quel moment avez-vous ressenti l'appel de la Plume ?

La poésie est une œuvre de longue haleine et nul ne s’y essaye sans se prémunir de la concentration et d’une forte consécration de temps. Je me déploie dans cette activité méditative depuis le secondaire à travers le sentiment de faire fonctionner l’imaginaire dans un condensé de mots portant un pouvoir d’évocation inouï. Et l’an 1997 représente les débuts de ces balbutiements de collégien qui se sont arrondis aujourd’hui en un livre.

-         « Convivialités Fraternelles » : A quoi renvoie exactement ce titre ?

Comme il a été signifié dans la préface, le titre Convivialités fraternelles dégage le parcours d’un recueil qui rassemble, les bribes et les miettes de l’être ensemble qui est à chaque fois le principe qui crée l’espoir, combat la solitude et l’emporte sur la stagnation de toutes les souffrances possibles. Il est ainsi question ici de ressortir les valeurs qui anoblissent le vivre ensemble dans un fond de lyrisme qui convoque la proximité et la valorisation au cœur des interactions quotidiennes.

-         Combien de poèmes dans ce recueil ?

Le recueil en question compte 75 poèmes présentés et rédigés sur une pluralité de thématiques dont le dénominateur commun est cette humanité positive qui aspire à recouvrir, le savoir-être, le savoir-vivre et le bien-être que recherchent les espaces de vie et de conjugaison de l’existence.

-         Pouvez-vous nous faire un bref résumé de chacun ?

Il est très osé de vouloir faire un résumé de chacun de ces 75 poèmes dans un espace aussi réduit. Toutefois, les idées fortes qu’ils développent traduisent la fraternité, l’empathie, le désir de paix, l’amour de l’Afrique, l’accompagnement affectif, la beauté de la nature, la valorisation des personnes chères et des rites vitaux tels que le repas.

Ce sont autant d’aspects que balaient ces poèmes qui expriment chacun l’angle d’une vertu dans la vie qui s’arrime à un cadre de vie.

-         Un hymne à l'Amour d'une Mère, une Consécration, une Reconnaissance à celle qui donne la vie ?

Parmi les figures de proximité qui jonchent la vie humaine, l’art d’être mère est au service d’une éducation dont chaque être vivant a besoin pour estimer, rechercher et construire le bonheur en lui-même.

Dans un monde stressé où la montée du terrorisme est excessive, la reconquête de la place de la mère et la reconnaissance de son rôle inestimable sont à penser comme la réponse nécessaire dont l’application peut restituer le sacré à la vie humaine.

Alors, en même temps on fait l’éloge de cet état, qu’on interpelle la femme de la société post-industrielle de ne pas s’écarter des attentes ultimes de socialisation aux bonnes mœurs qui lui sont dévolues. Car donner la vie, c’est également savoir la protéger et la promouvoir.

-         Qu'est ce qui a motivé ce choix ?

Le choix d’un poème qui parle de la mère est incontournable, étant donné qu’on ne peut évoquer les convivialités sans faire allusion à celle qui porte la responsabilité de les inculquer et d’en construire les modèles au sein d’une société en pleine mutation.

Le recueil aurait été inconsistant, si un poème touchant le rôle de mère ne venait pas à la mettre dans la structuration de la fraternité.  

-         Monsieur l'Abbé, les dames qui n'ont pas eu la Grace d'enfanter pourraient se sentir exclues, ne croyez vous pas ?

Les femmes sans enfants dans le contexte africain n’existent pas. Puisqu’une couverture affective dans le développement harmonieux de l’enfant est toujours plus extensible aux capacités de la seule génitrice.

Et qui plus est, les qualités de la femme quelle qu’elle soit, lui donne une capacité d’engendrement humain faisant que bien d’enfants cherchent sa chaleur maternelle pour autant qu’elle soit disponible.

De fois, les enfants fuient leur propre mère pour une autre femme qui leur a montré l’affection et l’attention. C’est autant pour dire que toute femme devrait se sentir concernée par ce poème intitulé « le cœur d’une mère », puisque c’est un appel à être et un besoin de voir ce rôle être bien assumé. Et nul ne pourra jamais bien accueillir des enfants et manquer de leur reconnaissance.

-         Combien d'exemplaires avez- vous tiré ?

Le nombre d’exemplaires préalablement tirés était de 250. Nous avons prévu, l’éditeur et moi, que c’est l’intérêt du public concernant le recueil qui nous portera dans un futur proche ou lointain  a songé à une nouvelle édition.

-         Où peut- on acquérir ce recueil de poèmes ?

Le recueil est disponible dans la librairie Sophia à Douala, et dans la librairie Ceper à Yaoundé. (Sans publicité bien sûr).

-         Avez- vous été confronté à quelques difficultés? Si oui, lesquelles ?

J’ai rencontré quelques difficultés de parcours dans la publication, étant donné que le recueil est disponible depuis 8 ans, mais les conditions de publication étaient à chaque fois inquiétantes. Il m’a fallu attendre les Editions du Midi ; pour enfin trouver un tremplin de parution qui ne mette pas dans la flopée de stress dont je me suis frotté ça et là.

-         Envisagez- vous de faire une tournée de présentation ?

Une tournée de présentation est sans doute une démarche évidente pour présenter le livre aux camerounais et aux citoyens des pays où l’intérêt du recueil sera observé. Mais la première étape qui est en cours, est cette médiatisation qui amène le public et les lecteurs à savoir que ce recueil existe et son auteur répond de sa production.

-         Autres projets à plus ou moins court terme ?

Sans doute oui ; car je suis et je demeure un adepte du slogan américain selon lequel il faut « publier ou disparaitre ». Le temps qui sépare les publications n’est pas programmé à priori, mais une succession de publication est un projet déjà envisagé.

 

Nicole Ricci Minyem

 

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