Ces « orphelins » qui recherchent leurs parents : Pour parvenir à leurs fins, ils sollicitent l’aide des médias

vendredi, 06 décembre 2019 15:16 Nicole Ricci Minyem

La problématique telle que posée, peut laisser perplexe mais, ils sont de plus en plus nombreux, les enfants ayant grandi dans des orphelinats et autres maisons de l’enfance qui veulent retrouver leurs familles.

 

Et le passage de deux jeunes femmes ce jeudi, dans une émission à caractère social, a prouvé qu’il s’agit d’un sujet d’une grande importance.  

Les parents d’Awa viennent de Bafang

Awa marche dans les rues de la capitale économique camerounaise, elle n’hésite pas à demander aux passants, s’ils peuvent connaître ses parents : « Avez-vous entendu un jour parler de monsieur F ? Il est originaire de Bafang et ma maman, qui se prénomme A. Ma maman  m’avait laissé dans un orphelinat, alors que je n’étais encore qu’une enfant. Je ne connais pas mon âge réel, on ne m’a jamais dit… ».

Une démarche curieuse ?

Pour certains, oui certainement mais, pas pour Awa qui depuis 2015, a engagé des démarches, parce qu’elle veut combler le vide affectif qui l’habite : « Peut être que je ne sais pas le dire avec les mots qu’il faut mais, je ressens ce vide en moi, qui ne peut être comblé que par la présence de mes parents. Et ça, c’est depuis mon enfance. Vous ne savez pas combien il m’a fallu comme courage, pour me placer aujourd’hui en route et poser la question à tout le monde. L’une de mes sœurs à l’orphelinat a eu beaucoup de chance. Il ne lui a pas fallu longtemps pour retrouver son père après avoir lancé la recherche dans facebook… J’ai moi aussi essayer mais, en vain. Je ne connais pas la route qui mène à Bafang, ce sont les sœurs qui m’ont élevées qui me disent que mon papa vient de cette ville… ».   

Patricia veut sortir du joug de son beau – père

Un besoin qui est apparu lorsque la jeune fille a compris que celui qui l’a élevée a décidé de faire d’elle, un objet sexuel : « Ma maman est morte quand j’étais plus petite et, j’ai été élevée par ma belle mère qui, m‘a aimée comme si je sortais de son ventre. J’ai eu beaucoup de chance ; elle vient de perdre son mariage à cause de moi, parce que mon beau – père a essayé d’abuser de moi…Une fois, parce qu’il était en conflit avec maman, il m’a demandé de venir prendre l’argent dans la chambre. Et alors que je tendais la main, il m’a tiré vers lui et m’a demandé de me coucher à ses côtés. Il m’a dit que ce que nous allons faire doit rester secret entre nous. Il avait déjà fait la même chose avec une autre sœur à la maison…C’est quand je suis allée dire à maman qu’il a décidé de nous chasser de la maison. Je veux juste retrouver mon papa et les autres membres de ma famille… ».

Quelles sont les raisons qui peuvent expliquer cette démarche ?

Les sociologues, psychologues et autres spécialistes des questions familiales affirment que pour être véritablement accompli dans la vie, un être humain a besoin de se sentir aimé, entouré, protégé en plus de tous les autres paramètres sociologiques.

C’est peut être ce qui explique la démarche de ces deux jeunes dames qui, ne sont qu’un faible échantillon de  ces milliers d’autres, qui chaque jour, se retrouvent dans la même situation.

Il n’est pas toujours évident de comprendre ce qui dicte les agissements des êtres humains cependant, les enfants qui sont dans les orphelinats et maisons d’enfance s’y retrouvent pour plusieurs raisons : L’irresponsabilité des parents qui préfèrent abandonner leur progéniture au lieu d’assumer les responsabilités, la misère, le décès de celui qui assumait les rôles du père et de la mère mais parfois aussi l’inconséquence des enfants eux même qui veulent fuir la sévérité parentale…

En dehors du dernier cas, tous les autres exemples démontrent que la solidarité africaine pour rester dans ce continent a disparu. Il est lointain, le temps où l’enfant était celui de la communauté, du village…Même lorsque ses parents étaient décédés, il ne pouvait ressentir aucun manque, parce que protégé par tous.

Malheureusement, cette époque a été remplacée par celle des prédateurs de tout genre. A quelques rares exceptions, un enfant qui perd ses parents aujourd’hui est quasi certain d’avoir une vie de misère permanente. Celui qui est abandonné par son père ou sa mère n’a plus l’assurance d’être recueilli par un parent proche ou lointain, plus responsable et qui décide de tout assumer…

Ceux qui veulent donc combler le vide laissé par le manque d’amour de leurs  parents, se donnent les moyens d’atteindre leurs objectifs et, tendent la main vers tous ceux qui peuvent les accompagner dans cette quête.

 

Nicole Ricci Minyem 

 

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