Insécurité urbaine : Qui sont les « assassins » de Cédric Momo ?

jeudi, 07 novembre 2019 10:16 Nicole Ricci Minyem

Le jeune homme, étudiant en 7ème année médecine à l’Institut Supérieur de technologie Médicale est sorti de chez lui dimanche et, 72 heures plus tard, c’est un piroguier qui repêche son corps dans les eaux boueuses du Mfoundi. 

 

Ce sont les pleurs et les lamentations qui accueillent tous ceux qui viennent présenter les condoléances à la famille au domicile familial au quartier Mendong – Yaoundé. Celui qui était promis à un brillant avenir, et devenir l’un des brillants médecins pour ce pays est mort dans des circonstances encore trouble.

Témoignage de la sœur aînée de Cédric Momo

« Cédric est sorti avec l’un de nos oncles dimanche, ils sont allés prendre un pot dans le quartier. Aux environs de 23h, sa maman lui demande de rentrer, ce d’autant qu’il était sorti sans clés et, elle ne voulait pas qu’on la réveille. Ils sont revenus mais, ayant reçu un coup de fil de la part de ses amis, il est ressorti… ».

Après Ekounou, les jeunes gens sont revenus vers Mvog Mbi et ont décidé de passer encore un peu de temps autour d’un verre : « Ses amis, le voyant dans un état d’ébriété avancé, lui ont demandé de rentrer. Ce qu’il a semblé faire et ses compagnons sont eux aussi partis chacun de son côté… ».

C’est à ce moment que commencent les séquences d’une histoire qui va conduire à la découverte macabre.

De la même source, on apprend que : « Lorsque Cédric a pris congé de ses amis, il est revenu sur ses pas, d’après les déclarations faites par le barman, devant nous et les enquêteurs du commissariat de Nkoldongo. Il nous a dit que mon frère lui a remis son téléphone, son portefeuille qui contenait la somme de 5000, en disant qu’il se sent menacé, qu’il a l’impression d’être suivi. Il préfère donc laisser ses affaires là et revenir les prendre après.  Le tenancier de ce débit de boisson nous dit que Cédric avait une blessure au niveau de l’œil gauche. On lui a demandé de s’asseoir et d’attendre le lever du jour, mais, profitant d’un moment d’inattention, il est parti… ».  

« Lundi matin, une commerçante du marché Mvog Atangana Mballa qui nous connait est venue voir la maman, pour lui dire qu’elle a vu deux bandits entrain de poursuivre Cédric. Ce sont les gars qui ont l’habitude d’agresser, elle a refusé de crier parce qu’elle craignait les représailles. Les apercevant qui revenaient sur leurs pas, elle les a entendus dire qu’il est tombé dans les eaux du Mfoundi alors qu’ils lui couraient après. Entendant cela, elle a donc tout abandonné pour venir nous alerter. C’est à ce moment que nous avons commencé les recherches, d’abord au niveau du commissariat de Nkoldongo. Devant les enquêteurs, elle a relaté la scène, telle qu’elle l’a vécue, en donnant aux policiers toutes les informations, décrivant même les personnes qu’elle a vues, les orientant sur la piste de quelqu’un qui pouvait les dénoncer sans aucune crainte…Des informations qui ont permis d’identifier formellement l’un des poursuivants, qui a nié les faits, arguant qu’il ne sait pas de quoi il s’agit. Mais, son complice, interpellé, a avoué et a dit aux enquêteurs que le garçon qu’ils poursuivaient est tombé dans le Mfoundi… ».   

Des précisions qui ont permis d’orienter les recherches

« C’est ce mercredi, aux environs de 17 heures que le corps a été repêché derrière le lycée d’Ahala, un quartier de Yaoundé. Les recherches des sapeurs pompiers ont été vaines nous avons eu recours aux services d’un piroguier. C’est grâce à lui que nous avons pu retrouver Cédric et, avant qu’on ne le transporte vers l’hôpital Central pour des examens plus approfondis et déclarer le genre de mort, nous nous sommes rendus compte qu’il avait été copieusement battu. Il a des blessures au niveau de la tête et sur les parties intimes…Nous ne savons donc pas s’il s’agit d’une simple agression, d’un règlement de compte, bref, nous sommes dépassés… ».

L’enquête « piétine » au niveau du commissariat de Nkoldongo

C’est du moins le sentiment que partagent les membres de cette famille éplorée : « Je vous ai dit plus haut que la dame qui est venue nous donner l’alerte a relaté devant les enquêteurs tout ce qu’elle a vu. Mais, à notre grande surprise, ils ont commencé à la menacer, en lui disant que les faux témoignages sont punis par la loi. En plus, à notre sens, les interrogatoires des suspects ne sont pas menés avec assez de poigne et, franchement, nous craignons de les voir libres dans les prochaines heures. Nous envisageons déjà amener cette affaire vers des services plus compétents, le Sed ou la Drpj… ». Des soupçons qui n'ont pas tardé à s'avérer puisque les dits suspects ont été libérés ce jeudi matin. 

Terrible affaire à suivre... 

 

Nicole Ricci Minyem

 

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