Santé : La cohabitation entre la médecine moderne et alternative en débat

mardi, 19 novembre 2019 14:50 Marie MGUE

Pour les  tradi-praticiens, la médecine alternative (traditionnelle) à une place importante dans la société africaine, et doit être associée à la médecine conventionnelle.

 

A en croire Dr Emmanuel  Nkwenkem Nkwetta, Médecin et  tradi-praticien, gynécologue résident en Allemagne, la médecine « alternative », encore appelée médecine traditionnelle, est une nécessité en Afrique. Ceci, dit-il,  parce que la médecine conventionnelle règle moins de  50%  de problèmes des patients  en Afrique, contre 90%  en occident. « Après 20 ans comme tradi-praticien, et 3 ans comme médecin, je me suis rendu  compte que la médicine traditionnelle est très importante en Afrique. Même si certaines personnes le conçoivent  mal,  je  soutiens que  la médecine conventionnelle que nous faisons, ne règle pas les problèmes des africains à  50%, par contre, en Europe, ça règle leur problème à près de 90%. La raison est simple. En Afrique, il y a beaucoup de problèmes mystiques. Il y des gens malade qui ne trouvent pas satisfaction dans les hôpitaux, leur mal n’est jamais  détecté, même le traitement n’apporte aucune solution. Ces patients sont soient victimes des couches de nuit, de consommation de repas nocturne… Donc, parfois, il faut tenir compte de certains paramètres avant d’aller à l’hôpital ou à l’église », explique ce tradi-praticien. C’était  au cours d’une conférence débat  lundi dernier à Douala sous le thème, combinaison entre la médecine conventionnelle et la médecine alternative.  

A en croire ces praticiens,  la cohabitation entre  la médecine moderne et traditionnelle, et même la religion, est une nécessité pour les africains, car les trois sont complémentaires. « Si on a des  contraintes au village, il faut y aller avant de  se rendre à l’hôpital, ou avant de rencontrer un pasteur. Il ne faut pas oublier la tradition. Les africains doivent  prendre conscience de l’importance de la médecine traditionnelle. Quand on ne trouve pas de solution avec  les médecins et les prélats, il faut se retourner   vers la tradition. Je suis médecin et je sais de quoi je parle », dit-il.  C’est d’ailleurs cette complémentarité, qui permet de détecter si le patient a besoin de l’aide d’un prélat, de la médecine moderne  ou de la médecine traditionnelle.  En effet, expliquent ces médecins traditionnels, certains problèmes comme la possession, ont besoin du  suivi d’un prélat.

Formation

Au Cameroun, la collaboration intersectorielle entre les deux pratiques,  a contribué à la naissance d’un module d’enseignement  sur la médecine traditionnelle dans les universités publiques, qui sera effectif en 2020. Ce module, explique le Pr Ouba Razak, spécialiste des traditions et mythes, va s’inspirer du modèle chinois, très avancé dans l’association entre les deux médecines. La médecine traditionnelle, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est la somme des connaissances, compétences et pratiques qui reposent sur les théories, croyances et expériences propres à une culture et qui sont utilisées pour maintenir les êtres humains en bonne santé ainsi que pour prévenir, diagnostiquer, traiter et guérir des maladies physiques et mentales. Elle est parfois qualifiée de médecine « parallèle ou douce ». Utilisée depuis des milliers d'années, ses praticiens ont beaucoup apporté à la santé humaine, surtout en tant que prestataires de soins de santé primaires au niveau communautaire. En 2013, l’OMS a adopté une stratégie pour la médecine traditionnelle,  qui ira de 2014 à 2020. Son but est d’épauler les États Membres qui cherchent à mettre à profit la contribution de la médecine traditionnelle à la santé, au bien-être et aux soins de santé centrés sur la personne;  et favoriser un usage sûr et efficace des deux médecines  au moyen d’une réglementation des produits, des pratiques et des praticiens.

 

Marie MGUE

 

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