Agenda du MRC : Les confidences de Me Emmanuel Simh

jeudi, 23 janvier 2020 10:46 N.R.M

Au cours d’une interview publiée ce Mercredi à nos confrères de « Le Messager », le 3ème vice président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun revient sur le séjour de son leader aux Etats – Unis et donne quelques informations liées au meeting du 1er Février prochain. Quelques extraits de cet entretien ...

 

        Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, Maurice Kamto, séjourne depuis environ 3 semaines. On l’a vu rencontrer des personnalités au rang de Tibor Nagy, Karen Bass et l’ancien secrétaire d’Etat américain et ambassadeur. Vous en tant que vice-président du Mrc, quelle est l’opportunité de telles rencontres ?

Je vais vous dire quelque chose de très simple. Cette question parfois laisse entendre que nous n’avons pas de raison d’aller parler avec les partenaires étrangers du Cameroun. Vous devez savoir que le Mrc a été créé pour demain, pouvoir gouverner et pour les gens qui sont en position de gouverner demain et qui aspirent à gouverner, il est normal que nous ayons des contacts au plus haut niveau avec des pays partenaires et amis du Cameroun ; cela se passe tout à fait dans te cadre des relations qu’il peut avoir entre deux pays.

Je vous signale par exemple, que lorsque l’ancien président de la France, François Hollande était venu au Cameroun, il m’avait reçu, il a reçu l’opposition. Parce qu’évidemment, les gens qui gouvernent dans les pays amis, doivent pouvoir commencer à parler logiquement avec ceux qui sont dans l’opposition et qui pourraient être demain aux affaires. Donc c’est une démarche absolument, régulière, nous devons parler avec les autorités étrangères pour échanger sur la situation au Cameroun, sur la situation dans le monde, sur la marche du monde, pas parce que nous voulons leur rendre compte de ce qui se passe chez nous, nous ne sommes pas une colonie.

Mais c’est un partenariat que nous voulons mettre en place dès maintenant et je pense que lorsque Mr Biya ou ses ministres rencontrent des gouvernants étrangers, personne n’y voit un inconvénient et lorsque c’est l’opposition qui le fait, parfois ça donne l’impression qu’on a besoin de leur appui pour que le pays qu’on appelle le Cameroun, puisse parvenir au changement. Ce n’est à personne d’autres, ni aux américains ni aux français, qu’à nous même camerounais, de nous battre pour qu’il y ait un réel changement dans la paix.

 

-         Parlant de sa tournée occidentale, il est également prévu dans son agenda un méga meeting le 1er février à Paris, Ledit meeting a été baptisé meeting de remerciements, on aimerait bien savoir qui remercie-t-on et pourquoi ?

Le Mrc dès sa création, avait mis comme l’un des piliers, un pacte de solidarité avec la diaspora camerounaise. Nous avons à l’étranger des camerounais, des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes, qui sont extrêmement talentueux. Je reviens de l’Allemagne il y a quelques jours. J’ai pu rencontrer en Allemagne, le président des ingénieurs camerounais là-bas. Et il m’a dit qu’il y a 10.000 ingénieurs camerounais en Allemagne dans tous les domaines. Près de 9.000 médecins camerounais en Allemagne seulement. Je ne parle pas de la France ni des Etats-Unis.

Le Mrc estime qu’une telle force ne peut pas être mise de côté ; il faut donc travailler de manière ferme, de manière continue avec cette richesse que nous avons à l’étranger au contraire de notre gouvernement qui continue à traiter notre diaspora comme des pestiférés.

Quand j’entends des injures qui souvent sortent de la bouche des autorités contre les camerounais qui vivent a l’étranger je dis, c’est quand même simplement démentiel. On ne peut pas avoir de tel talent et ne pas en profiter. Le Mrc a toujours eu ce pacte avec les camerounais qui vivent à l’étranger, qui sont très brillants, et nous avons le devoir d’aller à Paris et plus tard, à New York et au Canada pour remercier ces camerounais-là qui pendant la campagne présidentielle ont apporté tout leur soutien au président Kamto.

Tout le monde sait très bien que la diaspora camerounaise est acquise à presque 90% au changement et donc principalement au président Kamto. Donc il était temps qu’on fasse une telle tournée de remerciements. Mais également les remercier pour leur apport pendant la durée de l’incarcération du président, de ses alliés et des militants du Mrc ; la diaspora a joué un rôle essentiel dans la contribution quotidienne qu’elle a apportée pour qu’on puisse faire soigner, nourrir et aider les familles et même les détenus qui étaient dans les prisons du Cameroun suite aux marches blanches et pacifiques de janvier et juin 2019.

Il était également important d’aller échanger avec cette diaspora sur le plan 3 de la résistance qui est mise en marche aujourd'hui ; lui expliquer cette résistance, lui expliquer le boycott du Mrc des élections qui arrivent dans quelques jours, et la garder, elle la diaspora, mobilisée pour des nouveaux combats parce qu’en réalité aujourd’hui au Cameroun, il y aura le camp de ceux qui accompagneront Mr Biya dans sa mascarade électorale et le camp de ceux qui disent, on n’est pas d’accord de ce simulacre, de cette hypocrisie, qui a trop duré et qui attendent un vrai changement.

Donc aujourd'hui on a besoin de parler à ces camerounais-là, à nos frères et sœurs qui sont là-bas, à leur dire que quoiqu’il arrive, nous sommes ensemble, nous serons toujours ensemble. Et l’une des premières mesures si nous avions été au pouvoir en 2018 si notre victoire n’avait pas été volée, c’était précisément d’aller au Nord-ouest et au sud-ouest parler aux camerounais qui y sont et en même temps, prendre une nouvelle loi qui permette aux camerounais d’avoir la double nationalité.

Il n’y a pas de raison qu’un camerounais parce qu’il a un passeport français ou américain pour des raisons professionnelles souvent, soit écarté de son pays, ou alors moi j’ai vu la dernière fois, des camerounais s’aligner à (’Ambassade de la France pour revenir dans leur pays ; ce n’est pas tolérable. Donc l’une des choses que nous aurions pu faire, ça aurait été très rapidement cette absurdité et de permettre que les camerounais puissent aller et venir chez eux en toute confiance, investir, travailler ici et développer le pays.

 

-         S’agissant du boycott du Mrc des élections couplées du 09 février prochain, quelle est la position du Mrc par rapport à ces élections qui, jusqu’à présent, au sens des membres du gouvernement, vont avoir lieu sur toute l’étendue du territoire national malgré le fait que la crise s’enlise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ?

Je suis toujours étonné. Mais le mot est faible. Parfois bleffé par la capacité-du gouvernement du Cameroun à se mentir à lui-même. Le gouvernement se ment à lui-même. Il sait très bien que dans l’Extrême-nord avec boko haram à certains endroits et dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, le gouvernement du Cameroun n’a plus de présence là-bas. Les sous-préfets ont quitté leur poste. Tout le monde le sait.

A part les grands centres urbains, quelle est l’administration qui fonctionne normalement dans ces régions ? Est-ce qu’un préfet ou un sous-préfet peut encore aller faire une visite de prise de contact ou de travail dans sa zone de commandement ? Il est évident que c’est non. Donc lorsque l’Etat du Cameroun ne tient pas compte des positions dans une partie du territoire et nous fait croire que ces élections auront-lieu, moi je dis qu’il se ment à lui-même.

Mais on attend de voir. La dernière fois j’ai entendu le Cardinal Christian Tumi dire à la télévision que la situation s’améliorait mais qu’il n’est pas certain qu’on puisse y tenir une élection. Et c’est ça qui nous pousse au Mrc, à dire qu’on ne peut pas aller a une élection qui certainement ne peut pas avoir lieu sur une partie du territoire national.

On nous reproche tout le temps qu’on a été à la présidentielle ; mais tout le monde a vu que le taux de participation n’était que de 5% dans le Nord-ouest et 14% dans le Sud-ouest. Et ce ne sont que des fonctionnaires et des militaires qui avaient voté. Et notre ambition était de régler la crise anglophone. Avec les élections locales qui sont des élections de proximité, comment on va faire pour que les populations puissent voter alors qu’elles sont déjà toutes déplacées ?

Comment on va faire pour que les candidats aillent battre campagne dans une zone qui n’est plus tenu par le gouvernement ? Mais si ceux qui nous gouvernent aujourd’hui pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils savent faire de mieux c’est-à-dire de ta roublardise, qu’ils te fassent et on verra ce que ça va donner. Le 09 février n’est pas loin. L’histoire a l’avantage d’être toujours là. On prend une décision aujourd’hui, et quelques années après on saura qui avait raison...

 

N.R.M

 

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