Tchad : Le Président décrète un peu plus de trois semaines d’état d’urgence dans trois provinces

mercredi, 21 août 2019 08:04 Nicole Ricci Minyem

Ouaddaï et le Sila sont les contrées visées par cette décision présidentielle, à cause du regain de violence et d’insécurité qui semblent y avoir fait son nid depuis plusieurs mois

 

En plus des provinces sus citées, Idriss Deby Itno a ajouté le Tibesti. Une décision qui démontre que le gouvernement a décidé de monter en puissance au nord, frontalier avec la Libye, où il peine à imposer son autorité malgré de nombreuses mesures coercitives.

Idriss Deby Itno a pris cette décision au cours d’une réunion qu’il présidait dimanche dernier, après un séjour de quarante huit heures à l’Est du pays. Le Chef de l’Etat Tchadien a pu constater de visu, les dégâts causés par les conflits inter communautaires qui sévissent dans ces zones. Le bilan dressé par exemple par la présidence de la République, à l’issue des conflits le 09 Août dernier entre cultivateurs et éleveurs,  parle de plus de 50 morts.

A Goz Beida, chef-lieu de la province de Sila par exemple, le Président de la République a rencontré les leaders religieux, les jeunes leaders des associations de la société civile et les forces de défense et de sécurité. Et après les échanges avec les uns et les autres, il a décidé de la suspension des chefs de Mouro et de Dadjo, les deux cantons qui sont les théâtres d’affrontement. Idriss Deby Itno a en outre interdit la circulation des motos dans ces territoires situées à la frontière Tchad – Soudan et a donné d’autres directives : « Dès maintenant, nous allons déployer des forces militaires qui vont assurer la sécurité de la population dans la zone. Dès que je quitte la province de Sila, il faut désarmer tous les civils de la zone qui ont des armes entre les mains ».

 

Opposition et Société civile inquiètes

De longues semaines de quasi inactivités, cela cause de vives inquiétudes au sein de l’opposition Tchadienne, comme le démontre la sortie de Mahamat Ahmat Alhabo, secrétaire général du Parti pour les libertés et la démocratie, « c’est à un génocide que le pouvoir risque de soumettre les populations. Ça va être le carnage… ».  

Il ajoute que durant les prochaines semaines, on pourrait assister à un règlement de comptes : « On va poursuivre les gens pour un oui ou pour un non, et ils seront abattus comme du gibier ».

Les associations de la société civile, quant à elles craignent que les économies locales ne soient étouffées par la mesure.

 

Des conflits qui datent

Depuis plusieurs dizaines d’années, la province de l’Ouaddaï, zone de transhumance, est en proie à des conflits entre éleveurs nomades arabes et cultivateurs autochtones ouaddaïens.

Il y’a quelques semaines, les violences avaient éclaté après la découverte des corps de deux jeunes éleveurs dans ces villages : « C’est une guerre totale que nous devons engager contre ceux qui portent des armes et sont à l’origine des morts d’hommes », avait déclaré le Président Tchadien  le 9 août lors d’une conférence de presse.

 

Armes en provenance du Soudan

A l’origine de ce regain de violences, c’est le même scénario : un troupeau de dromadaires piétine le champ d’un agriculteur ou un jardin cultivé par une famille, déclenchant immédiatement la confrontation entre les hommes des deux communautés, la plupart du temps avec des armes à feu.

Après le dernier carnage, Le Président Tchadien a dénoncé l’afflux des armes venues des pays frontaliers du Tchad en proie à de graves conflits comme la Libye, la Centrafrique ou le Soudan : « La cause principale de ce conflit intercommunautaire est lié au désordre qui dégénère au Soudan… ».

 

Nicole Ricci Minyem

 

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