Soudan : Un Conseil souverain mis en place

mercredi, 21 août 2019 10:05 Nicole Ricci Minyem

C’est lui qui, selon les généraux et les leaders de la contestation, va piloter la transition soudanaise pendant trois ans et trois mois

 

L’annonce a été faite ce mardi soir, dans une allocution télévisée par Chamseddine Kabbachi, un porte-parole du Conseil militaire de transition : Le Conseil souverain sera présidé pendant 21 mois par le général Abdel Fattah al-Burhan, actuel chef du Conseil militaire de transition, qui avait pris les rênes du pays après l'éviction par l’armée en avril du président Omar el-Béchir après trois décennies de pouvoir. Celui-ci est donc de fait dissous.

L’instance est composée de six civils et cinq militaires et dans les rangs de ces derniers, on note la présence des principales figures au pouvoir, depuis la destitution d'Omar el-Béchir, comme par exemple le général Abdel Fattah al-Burhan ou le Chamseddine Kabbachi.

Le porte parole va siéger aux côtés de Mohammed Hamdan Daglo, alias Hemeti, le chef des redoutées Forces de soutien rapide (FSR), accusées d'avoir tiré sur des manifestants à plusieurs repris ces derniers mois. Une situation qui, selon nos confrères de RFI, ne semble pas inquiéter Rachid Saeed Yagoub, porte-parole de l'Association des professionnels soudanais (APS), un mouvement qui a été l'un des fers de lance de la contestation.

Les membres civils du Conseil souverain sont quant à eux bien moins connus des Soudanais. Ce sont des technocrates, des professeurs ou des juristes. Parmi eux, deux femmes, Raja Nicolas Abdel Massih, une copte et Aisha Moussa, une activiste. Elles vont représenter les femmes qui ont participé activement à la contestation : « Ils représentent la société soudanaise dans son ensemble, ils représentent aussi toutes les régions du Soudan. C'est ça qui était le principe du choix… Ce n'est pas la filiation politique mais la représentativité et la compétence », explique Rachid Saeed Yagoub, porte-parole de l'APS. 

Le Conseil souverain doit encore confirmer la validation comme Premier ministre le candidat présenté par la contestation, l’économiste Abdalla Hamdok. Celui-ci devra ensuite former un gouvernement dont la composition doit être annoncée le 28 août.

La formation de ce nouvel exécutif pour gouverner le Soudan est une étape déterminante vers une transition démocratique. Pour Murithi Mutiga, directeur de projet Corne de l'Afrique pour l'organisation International Crisis Group (ICG), « ce processus politique est d'abord une réussite exceptionnelle du peuple soudanais et de son pragmatisme… ». 

« Le président du Conseil souverain sera investi ce mercredi matin à 11h », a précisé le général Chamseddine Kabbachi.

 

 

Nicole Ricci Minyem

 

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