Journée souvenir en Côte d'Ivoire, trois ans après l'attaque de Grand-Bassam

jeudi, 14 mars 2019 08:34 Danielle Ngono Efondo

Le 13 mars 2016, la Cote d’Ivoire subissait sa première attaque terroriste. Et c’est la cité balnéaire de Grand-Bassam, qui avait été la cible de cette grande première. Trois ans après cette attaque qui avait fait 19 morts, l’enquête a permis d’interpeller plusieurs acteurs directs et indirects. Mais le cerveau présumé de l’attaque est toujours en fuite.

 

C'était le dimanche 13 mars 2016. Ce jour-là, peu avant 13 heures, heure locale, des assaillants armés de fusils d'assaut prennent pour cible plusieurs hôtels de la plage de Grand-Bassam. Ils ouvrent le feu de façon indiscriminée. Dix-neuf personnes périssent, donc trois militaires ivoiriens. Trois assaillants (deux Maliens et un Ivoirien) sont tués par les militaires ivoiriens des Forces spéciales, dépêchés sur le site. Parmi ces derniers, trois y laisseront la vie.

Trente-trois blessés sont pris en charge, alors qu’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) revendique l’attentat mené, selon leur communiqué, par la katiba Al-Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, alias Le Borgne. Un groupe à l’origine de deux autres attaques meurtrières, à Ouagadougou (Burkina Faso) en janvier 2016, et à Gao (Mali), un an plus tard. 

Trois ans après, ce drame est toujours vivace dans la mémoire des habitants de Grand Bassam. « C'est un souvenir très douloureux. Un très mauvais souvenir. On n'avait jamais vu cela ici et c'est arrivé. Mais cela fait partie du passé. On prie Dieu pour que cela ne se reproduise plus », déclare un habitant à Voa Afrique.

La conséquence immédiate de cette attaque est que les activités touristiques dans la cité balnéaire sont au point mort. Les hôtels sont quasiment vides. Trois ans après, l’Étoile du Sud, l'un des hôtels pris pour cible par les terroristes, se remet progressivement des conséquences de ce drame. « Depuis le 13 mars 2016, nous rencontrons beaucoup de difficultés. Les clients n'affluent pas comme par le passé. La reprise est vraiment difficile. Nous avons renforcé la sécurité et espérons que les choses vont s'améliorer. Nous attendons de l'État qu'ils nous aident en organisant de nombreux séminaires », raconte Marie Thérèse Sangaré, directrice-générale de l’Étoile du Sud.

Le petit commerce autrefois florissant autour de la plage, tente aussi de se remettre de cette attaque. « Les touristes se font rares et cela affecte notre commerce. C'est vraiment compliqué. Les choses n'ont pas repris comme avant l'attaque. Le gouvernement doit vraiment nous aider », implore un artisan.

Par ailleurs, pour une touriste iranienne, pas question de céder à la peur. « C'est vraiment magnifique ici. La plage est propre et on s'amuse bien. Je n'ai pas peur d'être ici. Nous n'avons pas peur. On s'amuse bien avec nos amis ivoiriens. »

Notons que, plus d’une dizaine de suspects avaient été arrêtés dans l’enquête sur l’attentat de Grand-Bassam. Deux militaires de la Garde républicaine avaient par ailleurs été condamnés par le tribunal militaire, en août 2016, à dix ans de prison ferme, pour « violation de consignes » et « association de malfaiteurs ». Cependant, l’homme identifié comme le principal cerveau de l’attentat court toujours. Il s'agit d'un certain Kounta Dallah, de nationalité malienne.

 

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