Gabon : Jean Rémy Yama, menacé de poursuites pour avoir déclaré qu’Ali Bongo était mort

vendredi, 05 juillet 2019 07:40 Danielle Ngono Efondo

C’est par le biais d’un communiqué  que hier jeudi 4 juin 2019, le gouvernement gabonais a menacé l'un des principaux leaders syndicaux au Gabon « de poursuites pénales », pour avoir déclaré que le président Ali Bongo Ondimba, victime fin octobre 2018 d'un AVC dont il se remet actuellement, était mort.

 

Jean Rémy Yama, président de Dynamique unitaire (DU), principale coalition syndicale du pays, avait déclaré au cours d’une conférence de presse mardi 02 juillet, que son organisation avait l’intime conviction que le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba est mort. « Connaissant la propension d’Ali Bongo Ondimba à intervenir ou à apparaître à la moindre occasion, et à l’analyse de tous ces faisceaux d’indices, la confédération syndicale Dynamique Unitaire a l’intime conviction que le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba est mort, il n’existe plus », avait-il déclaré.

 

Des propos qui ont tout de suite fait réagir le gouvernement par la voix du ministre de l'Intérieur et de la Justice du Gabon, Edgar Anicet Mboumbou Miyakou. « L’attitude affichée par Jean Rémy Yama l’expose à des poursuites pénales pour propagation de fausses informations. Les propos de M. Yama dénotent une volonté manifeste de créer le trouble et la confusion dans l'esprit de la population », a déclaré jeudi matin, le ministre de l’Intérieur et de la Justice du Gabon, dans un communiqué publié.

 

« Au lendemain de cette déclaration de M. Yama, des policiers lourdement armés se disant envoyés par le procureur de la République ont investi le domicile du syndicaliste, fouillant toutes les pièces de son domicile », a affirmé mercredi Dynamique unitaire dans un communiqué. « Au moment des faits, Jean Remy Yama était absent de Libreville. Il s'agissait purement et simplement d'une tentative d'enlèvement et d'assassinat »,  accuse l'organisation syndicale. Jeudi, « Appel à agir », un collectif d'opposants, a affiché son soutien à M. Yama, exprimant « sa vive inquiétude et appelant au respect des droits civils et politiques du dirigeant syndical. »

 

Pour rappel, le président Ali Bongo a été victime fin octobre 2018 d'un accident vasculaire-cérébral dont il se remet actuellement. Après cinq mois de convalescence à l'étranger, Ali Bongo est rentré le 23 mars à Libreville. Ce retour devait notamment faire taire l'opposition qui réclamait que la vacance du pouvoir soit déclarée et s'interrogeait sur la capacité du président Bongo à diriger le pays. Le président a alors multiplié les entretiens au palais de Libreville avec des chefs d'Etat africains, dont les présidents sénégalais et ivoirien, Macky Sall et Alassane Ouattara. Après cinq mois de silence, il s'est finalement exprimé le 8 juin dernier demandant à son Premier ministre de procéder à un remaniement, dans un discours enregistré et diffusé à la télévision. Cinq jours plus tard, il a tenu un conseil des ministres avec son nouveau gouvernement. Depuis cette date, l'activité du président de la République n'a plus été rendue publique.

 

Danielle Ngono Efondo

 

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