Fête de la femme en Tunisie : De nombreux combats doivent encore être menés

mardi, 13 août 2019 11:46 Nicole Ricci Minyem

C’est la remarque faite à l’occasion des trente ans de l’Association tunisienne des femmes démocrates (AFTD)

 

La célébration le 13 août de la fête de la Femme tunisienne est l’occasion pour plusieurs militantes féministes, de présenter leur vision, celle qu’elles pensent être des priorités en Tunisie pour la lutte en faveur des droits des femmes.

Certes, l’on a relevé au cours des dernières années, de nombreux acquis pour les droits des femmes en Tunisie, notamment la loi relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes, adoptée en 2017, ou encore l’abolition de la circulaire 73 qui interdisait aux tunisiennes de contracter des mariages avec des  non musulman. Et pourtant, des combats restent à mener.

A Tunis, certains combats féministes ont la dent dure et ce, malgré des années de lutte. C’est le cas de la bataille contre le harcèlement de rue  qui persiste. Meryem Sellami, socio-anthropologue a coordonné une enquête nationale sur le sujet. Près de la moitié des femmes tunisiennes sont sujettes à une violence dans l’espace public : «  La procédure est encore difficile et surtout la preuve. Nous avons quand même mis en place un numéro vert qui reçoit toute sorte d’appels et de plaintes. Il y a aussi des campagnes avec, par exemple, des slogans écrits sur les bus « cheraa mouch lik wahdek », c’est-à-dire « la rue n’est pas que pour toi », a-t-elle souligné.

Si la sensibilisation est là donner plus d’ampleur à cette bataille, certains acquis pour les droits des femmes sont eux, en net recul, selon  Najma Kousri Labidi qui travaille sur les droits sexuels et reproductifs : « Les chiffres le montrent. Les femmes n’ont plus accès à la contraception car ce n’est plus une des priorités de l’Etat aujourd’hui et ça, c’est malheureux », déplore-t-elle.

Un Etat absent pour implanter des politiques en faveur des femmes mais qui vote pourtant des lois progressistes. Pour Henda Chennaoui, militante, il faut lutter, parfois à distance du pouvoir, via une nouvelle génération de féministes : « Des féministes qui sont dans le contre-pouvoir, dans "on veut tout et tout de suite" et on n'est redevable de rien », préconise-t-elle.

Alors que le 13 août célèbre la femme en Tunisie, le mouvement féministe se renouvelle et doit faire face à plusieurs enjeux, notamment le combat pour l’égalité dans l’héritage. Le projet de loi, déposé au Parlement en janvier, n’a toujours pas été débattu.

 

Nicole Ricci Minyem 

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