La langue maternelle comme vecteur de construction de la paix et la réconciliation

jeudi, 21 février 2019 12:49 Otric N.

Le Cameroun se joint au reste du monde pour célébrer ce 21 janvier 2019, la journée internationale de la langue maternelle, avec pour thème : « Les langues autochtones, ça compte pour le développement, la construction de la paix et la réconciliation ».

 

Un sujet d’actualité dans un contexte marqué par la crise qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Tous les esprits s’accordent sur le fait que les langues autochtones ont leur place dans le développement, la construction de la paix et la réconciliation dans un pays. Parce que celles-ci participent au renforcement de toute identité culturelle.

Plusieurs experts s’accordent à dire que tout Camerounais, à travers sa langue nationale, s’identifie à une localité donnée. Et dans cette même localité, plusieurs autres se côtoient dans la perspective du vivre ensemble préconisé dans notre pays et qui ne fait aucun doute.

« Il y a des instruments réglementaires, législatifs et légaux, nationaux et internationaux qu’on devrait traduire en nos langues nationales pour mieux se les approprier. Grâce à ces fondamentaux réglementaires, le vivre ensemble se renforce et la négociation pacifique des conflits est possible. Ceci afin d’asseoir la paix, l’unité nationale. Dans la mesure où plusieurs personnes parlent la même langue, partagent les mêmes rites culturels et traditionnels », affirme Séraphine Sylvie Ben Bole, le sous-directeur de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales au ministère de l’Education de base.

Des valeurs inestimables, vecteurs de développement comme dans le cas de la Chine qui s’est développée grâce à son génie linguistique. « Si on promeut nos langues, nous incitons également le développement parce que si on verrouille notre industrie et notre technologie à travers nos langues nationales, tout le monde viendra les apprendre pour découvrir ce qui s’y cache », conclut la même source. Une manière d’encourager les parents et les pouvoirs publics à plus d’initiation aux langues maternelles.

Fort de ses 239 langues, le Cameroun est l'un des pays dans le monde qui regorge d'une très grande diversité linguistique. Cela fait cinq ans déjà que l’apprentissage des langues maternelles signe irréversiblement son grand retour à tous les niveaux de l’éducation au Cameroun. C’est ce qui explique d’ailleurs l’ouverture des départements des langues et cultures nationales dans les universités et grandes écoles du pays.

Pour familiariser le plus tôt possible les élèves avec leurs langues maternelles, l’enseignement multilingue est en expérimentation dans des écoles-pilotes, fruits de l’initiative Ecole et langues nationales en Afrique (Elan-Afrique). L’objectif de cette organisation est de valoriser et de promouvoir lesdites langues nationales en les intégrant dans les programmes scolaires, ceci en collaboration avec le ministère de l’Education de base et des partenaires comme la Francophonie, l’Unesco et la SIL/Cameroun.

Au Cameroun, l’initiative ELAN-Afrique concerne quatre langues nationales : l’ewondo, le fufulde, le bassa et le ghomala. D’après Didier Mbouda, point focal de l’initiative Elan, « le projet-pilote concerne l’ewondo. La stratégie de l’organisation internationale de la Francophonie a consisté à produire des supports pédagogiques d’abord dans une langue, de les mettre dans le contexte, les expérimenter, les réviser si possible avant de les stabiliser et de les étendre aux trois autres langues ».

Les supports en langue ewondo sont disponibles. Ce sont : un livret de lecture de la Sil et du CP, un guide pédagogique, un lexique spécialisé pour la lecture et l’écriture. Ils ont déjà été transmis aux équipes techniques chargées du bassa, du fufulde et du ghomala, pour qu’elles s’en inspirent, afin que dès la prochaine rentrée scolaire, les classes des régions abritant l’expérimentation en disposent. A savoir l’Extrême-Nord, le Littoral et l’Ouest.

Et pour réussir ce projet des langues nationales à l’école, les enseignants sont formés en didactique du bi-plurilinguisme. Avec la méthode « lire-comprendre-écrire », de bons résultats sont escomptés par le Minedub et ses partenaires.

Otric N.

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