La problématique du F CFA pour les pays africains est «un manque de respect» de Paris envers l’Afrique, selon un élu nigérien

mardi, 23 avril 2019 15:46 Nicole Ricci Minyem

Depuis un certain moment, le débat sur le Franc de la communauté financière africaine en Afrique  et  la coopération financière en Afrique centrale (CFA) se fait de plus ample.  

 

Des mouvements anti-CFA ont vu le jour et des manifestations ont été organisées dans plusieurs pays pour dénoncer le franc CFA comme un instrument d’aliénation. D’aucuns pensent que cette monnaie est un gage de stabilité et de contrôle de l’inflation tandis que d’autres y voient un instrument de sous-développement et de pauvreté.

Quel a été l’impact du franc CFA sur le développement des pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA) et de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC)? Faut-il maintenir cette monnaie ou non? Si elle doit être maintenue, faudra-t-il un taux de change fixe par rapport à l’euro ou un taux de change flexible?

 

Dans le site Sputniknews.com, le député nigérien Oumarou Abdourahamane affirme que le franc CFA est «un manque de respect» de Paris envers l’Afrique

Comme en réponse aux interrogations relevées plus haut, le parlementaire estime que « Le développement et l’avenir de l’État passent nécessairement par le retrait du franc CFA ». Une déclaration qu’il a faite en marge du Forum économique international de Yalta. Il a confié que le Niger se tournait vers la Russie pour « développer une coopération gagnant-gagnant ».

« Une monnaie qui est imprimée en France, qui est garantie par la France, mais qui ne peut être utilisée et même échangée à l'étranger. Donc, vous voyez un peu, il y a un manque de respect. Le nom aussi qui tire sa source de la colonisation», a-t-il ajouté, insistant sur le fait que le développement et l'avenir de l'État passent nécessairement par le retrait du franc CFA ».

L'homme politique nigérien a également déploré le fait que les pays africains soient « très-très-très riches et les populations très-très-très pauvres » car ils n'ont pas accès à leur argent : «Si les richesses étaient distribuées normalement, si les investissements se faisaient normalement, il y aurait du travail pour tous les jeunes et personne ne voudrait quitter son pays pour aller ailleurs».

L’élu de la nation est revenu de manière particulière sur les enjeux de la coopération avec la Russie, de même que sur les problèmes que rencontre actuellement  le Niger. Selon lui, « les pays africains doivent diversifier leurs partenaires », notamment la Russie qui elle aussi pourrait apporter beaucoup au développement du continent africain : « Nous sommes obligés de nous tourner vers des gens sérieux, vers des États sérieux qui pourront nous aider à développer une coopération gagnant-gagnant. Là où la Russie pourra gagner et le Niger aussi pourra gagner et, je suis certains que même les autres pays africains », a-t-il poursuivi.

 

Nicole Ricci Minyem

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