Economie: Comment sortir le Cameroun de la pauvreté?

samedi, 12 janvier 2019 11:40 Mfoungo

C’est l’objet d’une étude menée à travers l’Institut National de la Statistique qui a mis en place, un projet  ECAM 4, qui propose des pistes de solution, afin de redonner un nouvel essor à l’économie camerounaise en mettant l’accent sur certains secteurs clés.

 

Son  objectif principal est d’actualiser le profil de pauvreté et d’évaluer entre autres, l’impact des principaux programmes macro-économiques mis en œuvre dans le cadre de la lutte contre la pauvreté.

 

Au sens de l’ECAM 4, les activités du monde rural  désignent l’ensemble des activités de production relatives  l’agriculture, l’élevage, la sylviculture, la pêche, la chasse, l’apiculture, l’aquaculture, l’exploitation forestière et la cueillette. Ces activités sont pratiquées surtout en milieu rural ou alors susceptibles d’y être le plus exercées.

 

Ces activités présentent un intérêt à la fois économique et social, dans la stratégie gouvernementale de réduction de la pauvreté. Le secteur rural, duquel relève surtout ces activités est devenu pour le Gouvernement un important levier sur lequel il faut agir pour accroître la productivité et soutenir la croissance économique.

 

Au regard du contenu du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), le Gouvernement entend appuyer les opérateurs du secteur rural pour favoriser la production, assurer les revenus et la sécurité alimentaire des populations. Une évaluation de la situation des activités du monde rural s’avère nécessaire pour mesurer les progrès réalisés dans ce secteur.

 

Agriculture

 

Au Cameroun, l’agriculture est pratiquée par 54,6% de ménages. Cette activité est plus pratiquée en milieu rural (81,8%) qu’en milieu urbain (20,6%). Suivant la région d’enquête, il existe peu de ménages qui pratiquent l’agriculture dans les villes de Douala (8,4%) et  de Yaoundé (15,7%). Par contre, cette proportion est plus élevée l’Extrême-Nord (80,9%), au Nord (79,9%) et à l’Ouest (77,8%). Par ailleurs, on la retrouve beaucoup plus au sein des  ménages pauvres (88,3%) que des ménages non pauvres (42,3%).

Les outils utilisés par ces ménages pour leurs activités agricoles sont essentiellement rudimentaires. Seulement 8,4% de ménages au Sud-ouest, au Littoral en dehors du chef lieu de cette région et, dans une moindre mesure au Nord-Ouest disposent d’un matériel moderne.

 

Les activités agricoles sont principalement financées par les fonds propres des ménages ou des parents ou amis (95,8%). Dans l’ensemble, dans plus de quatre ménages agricoles3 sur cinq (86,4%), au moins un membre possède une terre, qu’elle soit exploitée ou non par le ménage.

 

S’agissant des ménages agricoles ayant sollicité un crédit auprès des institutions financières pour faire la production ou l’investissement, moins de deux sur dix ont obtenu, quel que soit le type d’institution de financement. Par ailleurs, les pauvres ont très peu accès au crédit auprès de ces institutions. Le recours aux semences améliorées reste marginal dans l’ensemble, sauf pour les cultures telles que le coton (85,8%), l’hévéa (82,2%) et le maïs (68,4%). En ce qui concerne le type de culture, globalement, une faible proportion de ménages pratique la culture de rente: cacao (8,0%), coton (6,9%), palmier à huile (5,4%), café (2,9%) et tabac (0,5%).

 

Une proportion plus importante des ménages cultivent les produits vivriers et par ordre d’importance le maïs (38,3%), l’arachide (26,8%), la banane (26,8%) et le haricot/niébé (24,8%). Le riz qui est l’un des produits les plus consommés au Cameroun n’est cultivé que par 4,4% de ménages. De même les produits maraîchers comme la tomate, l’oignon et l’ail qui figurent dans le menu quotidien de nombreux ménages sont très peu cultivés.

 

Elevage

 

Plus d’un ménage sur quatre (26,5%) pratiquent l’élevage du bétail ou de la volaille. Cette proportion est de 49,1% dans les ménages pauvres et de 18,3% dans les ménages non pauvres. La pratique de l’élevage est plus répandue dans les ménages des régions de l’Extrême-Nord et du Nord.  Environ quatre ménages sur dix (39%) pratiquant l’élevage utilisent les services/produits vétérinaires.

 

La pratique de l’aquaculture et de l’apiculture par les ménages est négligeable, alors qu’il est observé sur le marché, une forte demande des produits provenant de cette activité.

 

Cueillette

 

Dans l’ensemble, 17,0% de ménages pratiquent la cueillette4. Les régions du Sud (38,2%), du Centre sans Yaoundé (31,5%) et de l’Est (29,4%) sont celles où cette activité est la plus pratiquée.

 

Au regard du poids de l’agriculture dans la formation du PIB du pays, le Gouvernement s’attèle depuis quelques années, promouvoir l’agriculture de seconde génération. Cependant, les résultats de cette étude montrent un impact très mitigé de cette action du Gouvernement dans le développement des activités du monde rural. Les outils encore utilisés sont essentiellement rudimentaires et l’essentiel des activités de production est financé sur les fonds propres ou par l’aide des parents ou amis. Plus d’un quart de la population se consacre l’élevage et moins de la majorité au sein de la population utilise les services vétérinaires.

 

Un  constat qui montre l’urgence de même que la nécessité des interventions ciblées des pouvoirs publics dans le financement de l’agriculture et de l’élevage sous diverses formes pour soutenir la production agricole, sortir une frange importante de la population de la pauvreté. Ces actions permettraient de limiter la dépendance des populations vis-à-vis de l’extérieur.

 

Pour ce faire, plusieurs actions pourraient être entreprises à savoir : - renforcer la politique de développement des filières stratégiques à travers la vulgarisation et la facilitation de l’accès aux intrants et équipements agro pastoraux, la promotion des filières tels que le riz, l’aquaculture pour réduire la dépendance du Cameroun vis-à-vis des importations relevant de ces filières. Ceci pour garantir l’autosuffisance alimentaire - poursuivre les stratégies de modernisation de l’appareil de production -  améliorer la qualité de l’encadrement et des services fournies aux producteurs - renforcer la promotion de la domestication des produits forestiers non ligneux (okok/eru, djansang, mangoe, champignon, etc.).

 

Nicole Ricci Minyem

 
 
 
 
 
ReplyForward

Leave a comment